A chaque fois que je fais le trajet en voiture entre Paris et la Bourgogne par la N6, je suis pris d'une petite nostalgie pour les stations services abandonnées le long de la route. Les architectures fonctionnelles témoignent des différentes époques allant du petit pavillon familial où l'on s'arrête pour aller vers la déshumanisation annonçant les stations d'autoroutes toutes identiques où l'on ne fait que passer la plus rapidement possible.
Cette attirance est assez paradoxale pour un écolo mais elle me renvoie à mon enfance où le temps me semblait une éternité et où je n'avais pas encore assez vécu pour connaitre la nostalgie…
Ces stations sont des témoignes d'un temps où l'on ne dépassait pas les 100 km/h, où l'on n'avait rien qu'autre à faire qu'à regarder le paysage, à reconnaitre les voitures, où l'on ne mettait pas de ceinture de sécurité et où il y avait un pompiste qui servait l'essence à qui on donnait même un pourboire. Un temps, aussi, où les voitures ne polluaient pas parce que l'on ne le savait pas vraiment…
Comme pour les cafés, ces stations ont été de petits concentrés de vie, de rencontres improbables et fortuites. Elles fonctionnent comme des images d'Épinal et ...