Pendant que le camion m'amène à Champrieux, la radio commerciale, dite "de jeunes", crache sa médiocrité dans le paysage du Morvan. Publicité pour "se faire de la tune" avec des SMS surtaxés, révoltes prémâchées de rappeurs stéréotypés ou émission de gags téléphoniques dégradants...
Je vais le soir parcourir les sites et les blogs de mes amis photographes restés à Paris sur le front des alternatives toujours renouvelées. Je nage dans les contrastes, je me suis mis en retrait du monde pour travailler avec des enfants en danger et parce que la photographie n'est plus viable. Je n'ai pas encore trouvé ma place dans ces différents univers. Je n'ai pas encore décidé d'où je voulais vraiment aller.
Une amie m'a dit que je m'empêchais de faire quelque chose. J'y pense souvent et je n'ai pas encore découvert quoi. Mais une chose est sûr, il manque quelque chose, sans doute rien d'extraordinaire, quelque chose de tout simplement humain, ce manque que j'ai tenté de comblé d'images des vies des autres, pour l'oublier.
D'autres choses se dessinent aussi, plus lointaines, d'autres personnes, des souvenirs d'enfances, des rivières et des mots écrits sur de grosses pierres, des rêves et des douleurs.