Pour ce voyage, je ne m'étais préparé à rien. Je n'avais pas lu, pas regardé d'images, pas rencontré de russes, rien. Je voulais que la ville me prenne comme m'avaient pris Berlin, New-York, Saint-Pétersbourg… Je voulais que la ville s'impose à moi, être écrasé par son histoire, son fourmillement, sa forme et ses couleurs…
Moscou, c'était la domination de la moitié de la planète pendant presque un siècle, le chantier permanent de la construction d'un hypothétique homme nouveau, l'utopie destructrice pour le bonheur de tous à la différence du nazisme qui ne s'adressait qu'à une infime catégorie d'individus. Il ne pouvait pas y avoir une telle puissance, bonne ou mauvaise, sans une culture propre.
La taille de la ville est à l'image de la démesure, la hauteur des immeubles, la largeur des rues, la longueur des avenues… Mais cela existe aussi dans d'autres villes. La ville est en chantier permanent, les vieux immeubles côtoient les modernes, des grues, des câbles, des trous, des palissades partout.
J'ai marché des kilomètres pendant des heures, du centre ville à la lointaine banlieue. J'ai essayé d'avoir une vision globale de la ville et je me suis aussi perdu dans certains quartiers. ...